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Marcel Arnac, mon père

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On a coutume de dire, de regretter souvent, que certains artistes de talent, de toutes disciplines, n'aient pas leur place dans notre souvenir.
Cette "traversée du désert" est due à différents facteurs.
Pour mon père Marcel Arnac, auquel un livre est consacré : « 83 CMS D'AMOUR" et qui cherche un éditeur, mais aussi pour mon grand-père Zo d'AXA, des événements dramatiques, leurs disparitions violentes à quelques mois d'intervalle, sans personne (j'avais 3 mois) pour pérenniser leurs talents ou même simplement leurs passages terrestres, en sont les causes.
Artistiquement c'est injuste. Humainement, inacceptable.
Ce que j'écris sur eux depuis quelques années est un acte d'amour et de justice.
Ils le méritent plus que beaucoup d'autres...  
Avis aux éditeurs nécrophages qui ont curieusement et brusquement envie de
rééditer mon père pour se faire du fric. Ils pourraient surtout éditer le
livre que je viens de faire sur lui avec une iconographie importante et des
dessins et photos inédits. Un peu de moralité dans l'art, la reconnaissance
d'un travail de qualité de 2 ans écrit avec l'encre d'amour d'une fille
pour son père, tragique absent d'une vie entière.
Béatrice Arnac d'Axa

Son premier dessin parut en 1903, probablement dans "L'Épatant ". Il collabora à L'Illustré (1903-1910), Le Sourire (1907), Le Bon Vivant (1907-1910), Touche à Tout (1908), Pèle Mêle (1908-1910), L'Almanach des Gourmands (1909), Vie de Garnison (1909-1920), Le Vivant (1910-1911), L'Épatant, Le Cri-cri, L'Intrépide (1911), Romans Militaires (1912), L'Inédit (1912-1914), La Boxe et les Boxeurs (1913), Pages de Gloire (1912), Pays de France (1915), La Baïonnette (1915-1919), Fantasio (1915-1924), Le Rire (1915-1931), Le Tord Boyau, Le Petit Parisien (1916), Le Régiment (1916-1917), Le Journal (1916-1930), qui lui commanda un dessin par semaine : " Drôle de vie", "les On-dit" (1917), Le Canard Enchaîné (1918), Le Petit Journal (1918-1921), Paris Midi (1919), Le Merle Blanc (1914), La Vie Parisienne (1919-1930), Le Petit Monde (1920), Carnet de la semaine (années 1920), Ric-et-Rac (1929-1931), Bagatelle (1930), puis Candide, Belles Images, L'Intransigeant, La France de Bordeaux, L'œuvre, L'Excelsior, Les Echos, etc.

Mon père était un grand travailleur. Il signa dans sa trop courte existence : Les exploits sportifs d'Isidore Flappi (1917), Désopilantes aventures de Troillet (1918), Défense de rire, Le sire de Rebidaine (1920), Sylvain, la femme nue et les fantoches (Flammarion, 1923), Le Brelan de Joie (Grasset, 1924), Pas pour les enfants. Les Amours de Tringle et Cie (1925), Saint-Lettres (Grasset, 1926), Le Dictionnaire des Sports (EDS), 83 centimètres d'aventure (éd. Georges Anquetil, 1925), Loin des mufles (Flammarion, 1927), La farce de l'île déserte (1928), A l'héritage (1929) La vie romancée de M. Braise (éd. Montaigne, 1929), Madame Diogène (Les maîtres du roman, 1930, 1er tirage 10 000 ex.), L'amour au miroir (éd. des Portiques, 1930), Un cœur et deux paillassons (éd. Montaigne, 1930, 1er tirage 10 000 ex.), devenu au cinéma, dans les années soixante, Le Tombeur, et Les mémoires de M. Coupandouille (Nouvelle revue critique, 1931, 1er tirage 10 000 ex.), qui fut son dernier livre.
Il existe des traductions en allemand et en anglais de Marcel Arnac, comme "Private Memoirs of a Profiter" (ed. Walden, New York, 1939), ou "Ein Herz und Zwei Strohmattent", porté à l'écran en Allemagne en 1934, ou "Thirty-six inches of adventure" (Planet, New York, 1930, trad. Louis Colman), etc...

Il illustra les œuvres de François Villon chez Javal et Bourdeaux 1928, "Les Dames Galantes" de Brantôme ainsi que "Themidor" de Godard d'Aucouri préfacé par Guy de Maupassant.
Il fit également de très nombreux dessins publicitaires et fut aussi scénariste de petits films. Il présenta Buster Keaton en France. On l'invita aux USA pour une tournée universitaire sur l'humour. Sa mort brutale empêcha ce projet de se réaliser. Ce fut Marcel Achard qui le remplaça.

"Les mémoires de M. Coupandaouille", le dernier livre écrit par Marcel Arnac en 1931, a été ré-édité en 2012 par De Varly Éditions. Celà en fait un des inventeurs de la BD, et ce livre a été présenté au salon de la BD d'Angoulême dans la section "Patrimoine" en janvier 2013. Ci-dessous la couverture du livre.

Marcel Arnac, Mémoires de monsieur Coupandouille

 

Quelques créations de Marcel Arnac

Extrait

Dans "Mémoires de monsieur Coupandouille", "Roman animé", il malmène fortement l'industrie, la guerre, les profiteurs. Réquisitoire violent contre la société, suite hilarante et pitoyable de dessins grotesques, de caricatures bouffonnes. Cette civilisation qu'il tournait en dérision, la traitant avec irrespect, appelait quelques représailles... Alors trois soupapes se sont cassées, une roue est devenue folle, un volant de fonte de plus d'une tonne est parti comme un obus, droit sur le blasphémateur.
 

 

"Quant à la Terre, elle n'est que le testicule de Dieu."
Marcel ARNAC (83 cm d'aventures)

Marcel ARNAC vient d'entrer en 2015 dans la bibliothèque de la Pléiade en tenant la main de François Villon qu'il avait illustré en 1928 et dont les œuvres complètes viennent d'être ré-éditées.